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Propriétés fondamentales des congruences

Explorez les propriétés essentielles des congruences, un outil puissant en arithmétique. Comprenez comment additionner, soustraire, multiplier et élever à une puissance des congruences, et découvrez leurs applications dans la résolution de problèmes.

Propriétés fondamentales des congruences

Définition de la congruence

La congruence est une relation d'équivalence entre deux entiers relatifs. On dit que a est congru à b modulo n, noté a ≡ b [n], si a - b est divisible par n, où n est un entier strictement positif. En d'autres termes, a et b ont le même reste dans la division euclidienne par n. Cette notion est fondamentale pour simplifier les calculs et résoudre des problèmes d'arithmétique.

Addition et soustraction de congruences

Si a ≡ b [n] et c ≡ d [n], alors on peut additionner ou soustraire ces congruences :

  • Addition: a + c ≡ b + d [n]
  • Soustraction: a - c ≡ b - d [n]
Exemple: Si 10 ≡ 1 [3] et 7 ≡ 1 [3], alors 10 + 7 ≡ 1 + 1 [3], donc 17 ≡ 2 [3]. Démonstration: Si a ≡ b [n] et c ≡ d [n], alors il existe des entiers k et l tels que a = b + kn et c = d + ln. En additionnant ces équations, on obtient a + c = b + d + (k + l)n, donc (a + c) - (b + d) = (k + l)n, ce qui montre que a + c ≡ b + d [n]. La soustraction se démontre de manière analogue.

Multiplication de congruences

Si a ≡ b [n] et c ≡ d [n], alors on peut multiplier ces congruences : ac ≡ bd [n]. Exemple: Si 5 ≡ 2 [3] et 4 ≡ 1 [3], alors 5 * 4 ≡ 2 * 1 [3], donc 20 ≡ 2 [3], qui est équivalent à 2 ≡ 2 [3]. Démonstration: Si a ≡ b [n] et c ≡ d [n], alors il existe des entiers k et l tels que a = b + kn et c = d + ln. En multipliant ces équations, on obtient ac = (b + kn)(d + ln) = bd + bln + kdn + kln² = bd + n(bl + kd + kln), donc ac - bd = n(bl + kd + kln), ce qui montre que ac ≡ bd [n].

Élévation à une puissance

Si a ≡ b [n], alors pour tout entier positif k, on a ak ≡ bk [n]. Exemple: Si 2 ≡ 5 [3], alors 23 ≡ 53 [3], donc 8 ≡ 125 [3], qui est équivalent à 2 ≡ 2 [3]. Cette propriété découle directement de la multiplication des congruences, puisque ak = a * a * ... * a (k fois).

Simplification des congruences

Si ac ≡ bc [n] et si c et n sont premiers entre eux (c'est-à-dire, PGCD(c, n) = 1), alors on peut simplifier la congruence en divisant par c : a ≡ b [n]. Il est crucial que c et n soient premiers entre eux pour pouvoir simplifier. Contre-exemple: 6 ≡ 15 [3]. Si on divise par 3 (qui n'est pas premier avec 3), on obtient 2 ≡ 5 [3], qui est vrai. Mais si on avait divisé *par* 3 mais qu'il n'y avait *pas* de congruence au départ, cela aurait mené à une conclusion fausse. Donc, il est crucial de respecter cette condition PGCD(c, n) = 1. Cas général : Si ac ≡ bc [n], alors a ≡ b [n/PGCD(c,n)].

Ce qu'il faut retenir

  • Définition: a ≡ b [n] signifie que a - b est divisible par n.
  • Addition/Soustraction: Si a ≡ b [n] et c ≡ d [n], alors a + c ≡ b + d [n] et a - c ≡ b - d [n].
  • Multiplication: Si a ≡ b [n] et c ≡ d [n], alors ac ≡ bd [n].
  • Puissance: Si a ≡ b [n], alors ak ≡ bk [n] pour tout entier positif k.
  • Simplification: Si ac ≡ bc [n] et PGCD(c, n) = 1, alors a ≡ b [n]. Généralisation : Si ac ≡ bc [n] alors a ≡ b [n/PGCD(c, n)].

FAQ

  • Comment utiliser les congruences pour trouver le reste d'une division ?

    On peut utiliser les propriétés des congruences pour simplifier le calcul du reste d'une division. Par exemple, pour trouver le reste de 2100 divisé par 3, on remarque que 2 ≡ -1 [3]. Donc, 2100 ≡ (-1)100 [3], ce qui signifie que 2100 ≡ 1 [3]. Le reste est donc 1.
  • Quand est-il possible de simplifier une congruence en divisant ?

    On peut simplifier une congruence ac ≡ bc [n] en divisant par c seulement si c et n sont premiers entre eux (PGCD(c, n) = 1). Sinon, la simplification est possible mais le module change : a ≡ b [n/PGCD(c, n)].